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Histoire en questions



Mythologie grecque
Le monde des Enfers Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Alix Ducret   
02-01-2011
Essayer de comprendre comment les Grecs voyaient les Enfers conduit, tout à fait logiquement, à comprendre comment ils percevaient la mort et la vie même. Cette vision n’a cependant rien d’immuable et de dogmatique : au fil du temps, la perception de la mort et des Enfers a évolué jusqu’à acquérir, à l’époque platonicienne, l’idée d’un jugement en fonction de l’honnêteté de la vie. Une vision, au final, assez proche de celle des chrétiens donc.
A l’origine, cependant, du moins à l’époque homérique, les Enfers ne font qu’un ; on peut alors parler de l’Enfer. C’est l’Erèbe, littéralement l’Obscurité, qui est une sorte de lieu sombre et brumeux où réside tous les morts, sans distinction et quel qu’ait été leur vie ; un lieu dont on ne s’échappe pas et d’où procède toute vie.
Certes, le Tartare existe déjà chez Homère mais il n’a en fait rien à voir avec les Enfers : il n’est pas soumis à Hadès et sert de prison aux dieux réprouvés et aux héros bannis. Le commun, quant à lui, se regroupe indistinctement dans les profondeurs de la Terre. L’inhumation explique cette croyance et l’idée du retour à la Terre-mère, la Terre nourricière explique la pratique. Le religion grecque archaïque ressemble en cela à toutes les mythologies indo-européennes originelles qui ont une perception cyclique de la vie… et donc de la mort.
Les Enfers sont donc souterrains. Et le séjour des morts, s’il n’a rien de particulièrement violent, se résout à une existence pâle, décolorée, sans consistance. Sans corps, bien sûr, sans force, les âmes des morts errent sans but, ayant perdu jusqu’à leur conscience. La mort est alors une véritable mort de l’âme en même temps que du corps. Ombres du défunt, elles n’ont conservé que l’apparence du corps, et sont impalpables, échappant à l’étreinte des vivants. Comparées à une fumée, à un songe, les âmes des morts n’ont plus de voix et ne produisent qu’un sifflement. Pourquoi voudraient-elles parler, d’ailleurs, n’ayant plus ni sentiment ni conscience… Le fait qu’Homère compare les âmes défuntes aux songes n’est pas anodin : les divinités chtoniennes ou leurs monstres peuplent fréquemment les rêves, annonçant la mort. C’est d’ailleurs aussi le cas des fées médiévales, comme Mélusine, qui sont annonciatrices ou vecteurs de mort…
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Déméter, l’espoir des défunts Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Alix Ducret   
06-04-2010
La déesse Déméter, d'après une statue antique.
La déesse Déméter, d'après une statue antique.
Semblable à une graine qui, une fois planté en terre, va renaître et produire une plante nouvelle, le corps, étant inhumé, retrouve la terre nourricière, s’y régénère et peut ainsi entamer une nouvelle vie. Ainsi succède éternellement la mort à la vie puis la vie à la mort, au sein même de la nature. Telle était la conception naturelle de la religion grecque archaïque, la religion des Grandes Déesses. Parmi celles-ci, Déméter a un rôle essentiel.
Dans la religion primitive, la terre divinisée était représentée par une déesse unique, souveraine du sol fécond, de cette terre où germe la végétation et, découlant d’une démarche intellectuelle naturelle, des profondeurs mêmes de la terre. Une terre qui, naturellement va devenir la dernière demeure des défunts, de ceux qu’elle avait nourris au fil des ans et des récoltes. Sans doute est-ce là qu’il faut chercher l’origine de l’inhumation. Sans doute est-ce là également qu’il faut voir la distinction dans la divinité même de la Terre qui, d’une personnification unique va prendre l’apparence de deux puis de trois déesses : Gê –ou Gaïa-, Déméter et Coré-Perséphone représentent tous les aspects de la terre, depuis l’entité cosmique jusqu’aux profondeurs des Enfers. A Déméter reviendra le rôle ô combien sympathique de déesse de la fécondité, celle qui règne sur la végétation et donne les moissons abondantes. Des attributs qui feraient presque oublier le rôle « infernal » de la Déméter primitive. Un rôle sombre qu’elle délèguera ensuite à son « fille » Coré-Perséphone.
Dernière mise à jour : ( 06-04-2010 )

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Les Gorgones : une ou trine ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Alix Ducret   
05-05-2009
Persée égorgeant la plus célèbre des Gorgones, Méduse (bas-relief antique).
Persée égorgeant la plus célèbre des Gorgones, Méduse (bas-relief antique).
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? interroge Racine dans Andromaque.
Ces serpents ne sont rien d’autre que les attributs les plus marquants des Gorgones. Filles de Phorcys et de Ceto selon Hésiode, elles sont plus vraisemblablement à placer dans le terrible arbre généalogique de Typhon et Echidna. Une filiation, évident au vu de leur chevelure vipérine, qui passerait par la conception de la Gorgone, elle-même mère de Méduse, Euryale et Sthéno. « Les » Gorgones seraient en fait une, comme le suggère la lecture d’Homère ou d’Euripide. Une Gorgone unique devenue trois avec le temps et la modification des mythologies. Une de fois de plus, une divinité ancienne, possédant des attributs différents, parfois opposés, se voit donc démultipliée ; une fois de plus une divinité unique a engendré trois divinités distinctes, la Gorgone étant la divinité primordiale. Et elle en a le profile : elle appartient au monde chtonien et engendre aussi bien la mort que la vie.
Tout le monde connaît la crainte dont on entourait la ou les Gorgones, leur don pour figer celui qui les regardait. Mais on oublie que le sang de la Gorgone, d’après la découverte d’Asclépios, pouvait ressusciter les morts autant qu’il pouvait donner la mort, selon le côté –ou la veine- d’où il s’écoulait. On oublie également que le nom même de Méduse, une des Gorgones, signifie « celle qui protège ».
Dernière mise à jour : ( 05-05-2009 )

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Le taurobole : dans le sang du taureau Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Constance Cousin   
20-04-2009
Thésée recevant l'anneau de Minos (d'après une poterie antique).
Thésée recevant l'anneau de Minos (d'après une poterie antique).
Présent dans de nombreux cultes orientaux ou même dans la mythologie grecque, le taureau était sensé représenté les forces du mal. Une vision que l'on retrouve dans la vision du Minotaure, qui vit enfermé dans le labyrinthe imaginé par Dédale, qui ne se nourrit que de la chair d'enfants ou d'adolescents et qui sera finalement vaincu par Thésée. La figure est connue mais elle prend un tout autre sens lorsque l'on s'attache au Minotaure plus qu'au héros grec qui l'a vaincu. Thésée apparaît alors comme celui qui vient à bout des forces du mal, de la même façon que Mithra, divinité perse du IIe siècle avant J.-C. -vraisemblablement- soumet un même taureau armé d'un couteau, d'une torche -qui représente peut-être la lumière venue sur le monde- et coiffé d'un bonnet phrygien.
La religion qui naîtra de la mythologie perse et qui connaîtra un succès certain à Rome et dans tout l'Empire au IIIe siècle de notre ère avait pour particularité rituelle de faire se plonger l'adepte -d'autres auteurs évoquent une simple aspersion- dans le sang d'un taureau.
Dernière mise à jour : ( 20-04-2009 )

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Persée, le tueur de monstres Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Alix Ducret   
22-10-2008
Persée égorgeant Méduse (bas-relief antique).
Persée égorgeant Méduse (bas-relief antique).
Une prophétie avait un jour annoncé au roi d’Argos, Acrisios, que son petit-fils le tuerait. Sachant cela, Acrisios n’eut rien de plus pressé que d’enfermer sa fille, la belle Danaé, dans une tour d’airain, où personne ne pouvait l’approcher.
C’était compter sans l’extraordinaire sens de l’humour des dieux : à peine Acrisios eut-il enfermé Danaé que Zeus commença à s’intéresser à la jeune fille et, ayant pris l’apparence d’une pluie d’or, la séduisit. C’est ainsi que fut conçu Persée.
Lorsqu’Acrisios apprit la grossesse de sa fille, il jeta la mère et l’enfant dans une caisse et les précipita dans la mer, dans l’espoir qu’ils périssent. Mais Zeus, amant et père attentionné, les fit aborder sur une île des Cyclades, à Sériphos, où ils furent recueillis par des pêcheurs puis par le roi, Polydecte. Les années passèrent et Polydecte tomba amoureux de Danaé. Persée était maintenant un jeune homme et le vieux roi craignait qu’il ne s’interpose entre lui et sa mère, aussi décida-t-il de soumettre Persée à une épreuve à laquelle, du moins l’espérait-il, il ne survivrait pas : il demanda à Persée de lui ramener la tête de la terrible Méduse !
Divinité chtonienne dotée d’une chevelure reptilienne, Méduse était la seule des Gorgones à être mortelle. Comme ses sœurs, cependant, son regard était si terrible qu’il pétrifiait qui le croisait.
Dernière mise à jour : ( 22-10-2008 )

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Celles qui tiennent le fil… de la vie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Alix Ducret   
18-09-2008
Les Moires grecques, d'après un vase ancien.
Les Moires grecques, d'après un vase ancien.
A peu près aussi célèbres que les Parques romaines ou que les Nornes scandinaves, les Moires sont, dans la mythologie grecque, celles qui président aux destinées des hommes et des dieux. Filles de la Nuit (Nyx) ou peut-être de Gaïa et d’Ouranos (la Terre et le Ciel), elles font sans aucun doute partie de ces divinités anciennes que la promotion des dieux de l’Olympe va relégué au rang de divinités secondaires. Au point d’ailleurs qu’au final, on ne leur accorde pas même le statu divin. Sans doute est-ce d’ailleurs à cette même époque qu’elles quittent l’apparence de belles et jeunes déesses pour apparaître sous les traits de vieilles femmes.
Les Moires ne sont cependant pas égales aux yeux des hommes ou des dieux, ne serait-ce parce qu’elles n’ont pas les mêmes fonctions. A moins, bien entendu, que cette triade ne soit la représentation d’une seule divinité, finalement distingué en raison de ses différents attributs. Un passage de l’Iliade, qui emploie le mot de Moire au singulier, permettrait d’aller dans ce sens. Mais cette question récurrente –elle se pose également pour les triades celtes- de l’unicité d’une divinité à fonctions multiples sera finalement conclue par la mythologie grecque elle–même.
Dernière mise à jour : ( 18-09-2008 )

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Le temps des Titans Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Alix Ducret   
05-08-2008
Un sacrifice fait aux dieux (d'après une poterie antique).
Un sacrifice fait aux dieux (d'après une poterie antique).
Comme chacun sait, la mythologie grecque est loin d’être uniforme. Elle se joue en deux temps forts : le temps des Titans –c’est la mythologie ancienne ou archaïque- et le temps des Olympiens. Ce sont ces nouveaux dieux qui, au final, règneront sur les croyances grecques. Pourtant, jamais les anciens dieux ne disparaîtront réellement, survivant généralement sous l’apparence de divinités secondaires, de divinités chtoniennes.
Liée à la nature et aux éléments –donc fondamentalement élémentaire-, l’ancienne mythologie grecque célèbre presque exclusivement la Terre, la naissance, le sang et la mort. Toutes les divinités anciennes, qui perdurent à travers les Titans et les êtres du monde souterrain, touchent à ces quatre éléments. Toutes ont ce double aspect, parfois déroutant, d’être à la fois des divinités célébrant la vie, la fécondité, la Terre et la naissance donc, et des divinités de la mort. Un double emploi si déroutant d’ailleurs qu’on a généralement préféré n’en privilégié qu’un. C’est ainsi que les Erinyes, les Moires, Perséphone ou même Hadès apparaissent respectivement comme des Furies vengeresses, les maîtresses du destin –essentiellement de la mort-, la déesse et le dieux des Enfers. Pourtant les Erinyes sont également dispensatrices des bienfaits de la terre, les Moires règnent aussi bien sur la mort que sur la naissance et le mariage –c’est encore plus frappant avec les noms mêmes des Parques romaines- et qu’Hadès et Perséphone sont l’un de « Bon conseil » et l’autre déesse du blé…
Dernière mise à jour : ( 05-08-2008 )

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