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Marat-Corday : victimes d'un idéal
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Ecrit par Alix Ducret   
13-06-2010
La mort de Marat peinte par David.
La mort de Marat peinte par David.
Charlotte Corday, Jean-Paul Marat : deux noms liés pour l'éternité ; deux noms qui désignent l'assassin et sa victime ; deux noms qui illustrent admirablement le désarroi dans lequel la France révolutionnaire se trouve à l'aube de sa jeune existence. Car au final, Charlotte Corday, l'assassin, et Marat, la victime, sont tous deux à mettre au nombre des victimes du même idéal : celui de la Révolution.
Lorsque éclate la Révolution française, en 1789, Jean-Paul Marat a déjà largement fait œuvre d'esprit révolutionnaire. Il en est même un des inspirateurs. Ainsi, ce médecin installé depuis 1767 à Londres s'est déjà distingué en écrivant Philosophycal essay on Man (1773) et The Chains of Slavery -Les chaînes de l'esclavage- (1774) : deux titres pour le moins inspirés et engagés. Or l'engagement, c'est justement ce que recherche Marat qui postule à l'Académie des sciences -qui lui ferme ses portes- et qui entre en franc-maçonnerie. De fait, Marat aurait pu demeurer un scientifique exalté, porté à la discussion et à l'agression même si la Révolution n'avait décidé de s'inviter dans sa vie. De fait, les événements de 1789 allaient avoir le mérite, pour Marat, de combler son désir d'action, d'exalter son imagination. Dès septembre 1789, il fonde l'Ami du peuple, un journal dans lequel il combat sans relâche contre les compromissions, l'éventuel détournement de l'idéal révolutionnaire. Du moins de SON idéal.
Car comme de nombreux mouvements révolutionnaires -qu'il s'agisse d'ailleurs du XVIIIe siècle comme du XXe ou du XXIe siècle- la notion de liberté individuelle est très largement bannie au profit d'une vision plus radicale et, disons-le, plus stalinienne du bonheur. Marat est du nombre, lui qui n'a de cesse, non de convaincre mais d'asséner des vérités. C'est ce qu'il fera dans l'Ami du Peuple, au point d'ailleurs de se voir condamné, emprisonné, de devoir s'exiler -en 1790 puis en 1792. Un double exil qui n'allait évidemment pas arranger le caractère déjà ombrageux et extrémiste de Marat mais qui allait lui assurer une popularité encore plus grande. Véritable "martyr", à ces yeux comme à ceux du peuple de Paris, Marat revient en mai 1792 avec la certitude implacable que lui seul détient la vérité. D'ailleurs, a-t-on jamais vu un "martyr", un héros se tromper ? Il se place alors à l'extrémité de l'assemblée, dans les rangs des Montagnards… qu'il aura d'ailleurs l'occasion de "déborder" tant les mesures qu'il préconisent relèvent du fanatisme.
Le 10 août 1792, les Parisiens se lancent à l'assaut des Tuileries. Exit le roi et la monarchie, la France est désormais, très officiellement, une République. Mais une République qui, sous l'impulsion de Marat, se prépare à vivre certaines de ses heures les plus sombres.
Alors que le roi et sa famille étaient enfermés au Temple, une nouvelle Convention, chargée de rédiger la nouvelle constitution, était convoquée. Parallèlement, les nouvelles du front n'étaient guère optimistes : Longwy, Verdun vont capituler entre août et septembre devant les armées coalisées. Le défaitisme, la panique sont perceptibles ; la peur de la trahison permanente. Or, quelles sont les personnes qui, en France, ont tout à gagner à la victoire des coalisés si ce n'est la noblesse ? Des nobles qui étaient tous des traîtres en puissance… Telle était du moins la conviction de Marat qui, en septembre, soulève le peuple de Paris, l'exalte -car il est aussi bon orateur-, le fanatise… et le lance à l'assaut des prisons parisiennes. Des prisons qui sont pleines ; des prisons qui, du 2 au 7 septembre 1792, vont être le théâtre d'un massacre systématique… Au total, on dénombrera pas moins de 1300 morts…
Un coup de maître pour Marat qui a fait la preuve de son pouvoir. Redouté par ses camarades révolutionnaires, en proie aux attaques des Girondins, le conventionnel n'en obtiendra pas moins ce qu'il voulait : la condamnation à mort du roi, la formation du Tribunal révolutionnaire et la création d'un Comité de sûreté générale chargée d'arrêter les suspects. On imagine sans mal que Marat aurait profité pleinement de la Terreur, s'il n'avait été assassiné avant.
En effet, le 13 juillet 1793, alors qu'il prend un bain, Jean-Paul Marat est assassiné par Charlotte Corday. Immédiatement arrêtée, la jeune femme -elle n'avait alors que 25 ans- devait reconnaître son acte et monter courageusement à l'échafaud. Quant à savoir ce qui avait motivé son acte, ce n'est ni la défense de son ordre -elle était noble-, ni celle de la royauté mais bien celle de l'idéal révolutionnaire. Un idéal qui, apparemment, était bien loin de celui prôné par Marat. De fait, Charlotte Corday avait, comme de nombreux membres de la noblesse d'ailleurs, tout de suite adhéré à l'idéal révolutionnaire. Ce qu'elle reprochait à Marat -et certains Girondins, en bon stratèges, sauront l'en convaincre- était justement d'avoir trahi cet idéal par son extrémisme, par les massacres de septembre. Ce qu'elle lui reprochait c'était de dévoyer la Révolution. Idéal contre idéal, Marat comme Corday ne seront guère plus que des victimes de la Révolution. L'un en deviendra le martyr officiel, verra son corps porté au Panthéon, quand l'autre sera célébrée ou honnie, selon la position, comme une contre-révolutionnaire… ce qu'elle n'avait jamais été.
Dernière mise à jour : ( 13-06-2010 )

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