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Le meurtre des enfants d'Edouard
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Ecrit par Alix Ducret   
04-08-2010
Les fils d'Edouard IV, Edouard et son frère Richard dans un tableau de John Everett Milais intitulé les Princes de la Tour.
Les fils d'Edouard IV, Edouard et son frère Richard dans un tableau de John Everett Milais intitulé les Princes de la Tour.
"C’en est fait, la volonté du tyran est exécutée ; le crime est accompli, le plus cruel, le plus impitoyable des meurtres qui aient jamais souillé cette terre. Messieurs Dighton et Forest, que j’ai subornés, ont effectué cet infâme acte de boucherie et tout féroces qu’ils sont, ces deux dogues sanguinaires se sont sentis émus de compassion, attendris. Ils pleuraient comme deux enfants en me parlant de leurs pauvres petites victimes.
-Oh ! disait Dighton, si vous aviez vu les pauvres enfants ainsi couchés…
-Si vous les aviez vus, interrompit Forrest, s’entourant ainsi l’un l’autre de leurs bras innocents, blancs comme de l’albâtre ! Leurs petites bouches, semblables à de belles roses rouges épanouies, un jour d’été, sur une même tige, étaient penchées l’une vers l’autre et s’entrebaisaient.
Près d’eux, sur leur oreiller, était un livre de prières et, en vérité, ajoutait Forrest, quand je l’ai aperçu, j’ai failli perdre toute ma résolution… mais le diable…
Et le misérable cessa de parler." (Shakespear, Richard III)
On pourrait le considérer comme un épisode de plus de la guerre des Deux-Roses, ce conflit qui, pendant plus de trente ans, va plonger l'Angleterre dans l'anarchie la plus complète. On pourrait le résumer à un coup d'Etat, un coup de force. Mais le meurtre des enfants d'Edouard IV est avant tout un symbole. William Shakespear l'a bien compris qui en a fait l'illustration parfaite de cette période troublée, la preuve que le désir de pouvoir peut conduire à tous les crimes, même les plus terribles.
Le règne d'Henri VI marque un tournant dans l'histoire d'Angleterre à plus d'un titre. Refoulé hors de France, ayant perdu tout espoir d'accéder au trône d'Hugues Capet et de saint Louis, Henri VI va se révéler aussi peu apte à diriger l'Angleterre. Le pays, qui a beaucoup misé et beaucoup perdu dans l'aventure française, est plongé dans une situation économique désastreuse et les mécontents se multiplient. Au sein de la noblesse comme ailleurs. Une situation explosive dont les York, famille issue d'un second fils d'Edouard III, ont décidé de profiter afin de s'emparer du trône. Ce sera le début de la guerre des Deux-Roses -du nom de l'emblème des deux familles, la rose blanche pour les York et la rouge pour les Lancastre.
En 1455, Richard d'York, vainqueur à la bataille de Saint Albans, s'empare d'Henri VI, le fait prisonnier et se déclare "protecteur" du royaume. Un titre qui masque à peine la prise de pouvoir du parti de la rose blanche… mais pour peu de temps. Car les Lancastre ne se déclarent pas battus : Marguerite d'Anjou, l'épouse d'Henri VI, a levé une armée. Elle avance sur les Yorkistes et les bât à Wakefield… où Richard perd la vie. En 1460, Henri VI peut remonter sur le trône. Il y restera jusqu'à sa mort… un an plus tard. C'est alors que le trône revient, légalement, au nouveau chef de la maison d'York, Edouard, fils de Richard d'York.
Après tant d’années de luttes intestines, d’incertitudes, le règne d'Edouard IV est bienvenu. Ce sera un règne d’à peine vingt ans mais vingt années durant lesquelles son frère, Richard, fera preuve d’une loyauté à toute épreuve. Une loyauté qui, finalement, ne pourra guère résister à l’appel du pouvoir.
En 1483, Edouard IV meurt soudainement. Ses fils sont encore des enfants et Richard y voit une occasion inespérée pour jouer les premiers rôles. S’instituant tout d'abord régent pour ses neveux, âgés de 9 et 12 ans, Richard ne va pas tarder à désirer la couronne elle-même. Il fait enfermer ses neveux dans la Tour de Londres et décide de les faire destituer. Pour se faire, Richard convoque le Parlement et le somme de déclarer les fils d'Edouard inaptes à la succession car adultérins. Le Parlement, sans doute par lâcheté plus que par conviction obtempère.
La discussion ne semblait plus possible et Richard III fermement installé sur le trône. Pourtant, après l’été 1483, on n'entendit plus parler d’Edouard (V) et de son jeune frère, Richard duc d’York. Ont-ils été assassinés ? C’est vraisemblable bien que la question soit, encore aujourd’hui sujette à controverse. Et s’ils sont morts, l’assassin est, à n’en pas douter, Richard III, leur oncle. Un oncle qui préférait les écarter définitivement du trône. Tel est du moins d’opinion de Shakespeare qui, dans la pièce éponyme, brosse un portrait effrayant du second roi de la maison d’York. C’est également l’opinion des plus fervents opposants historiques de Richard III, les mêmes qui soutiennent malgré tout la thèse de la survie d’un des enfants, Richard d’York.
De fait, l’action du Parlement qui avait accusé Elisabeth Woodville, l’ancienne reine, d’adultère, était insuffisante. Toute usurpation, on le sait, entraîne immanquablement une réaction : la noblesse se divise, s’oppose. Elle l’avait fait durant la guerre des Deux-Roses, qui opposait les York aux Lancastre. Une guerre qui n’était pas totalement éteinte puisque la rose rouge des Lancastre survivait en la personne d’Henri Tudor, comte de Richemont. Et Richard n’avait certainement pas les moyens de s’aliéner la noblesse par deux fois. Mais dans ce cas, pourquoi faire l'effort de faire destituer les enfants du précédent roi par le Parlement ? Quel besoin avait-il de traîner sa belle-sœur dans la boue, au risque de voir sa procédure échouer ? Qui plus est, si Richard III n'a pas hésiter à faire assassiner ses neveux, comment croire, réellement, que l'un d'eux aurait pu survivre ? La question, pourtant, se posera quelques années plus tard, lorsque, en 1493, un homme, prétendant être le fils cadet d'Edouard IV, se présentera afin de récupérer la couronne qui lui avait été ravi. La Bourgogne, l'Ecosse apporteront leur soutien au prétendant miraculeusement épargné. Jamais, pourtant, il n'expliquera comment il avait survécu. Et pour cause. Il y a fort à parié, en effet, que le "fils d'Edouard" n'ait jamais été qu'un aventurier également connu sous le nom de Warbeck. Quoi qu'il en soit, il n'effrayera pas longtemps la couronne anglaise : abandonné par ses troupes, il sera livré à Henri VII -qui réunit par son mariage les maisons d'York et de Lancastre-, enfermé puis, suite à une tentative d'évasion, exécuté en 1499.
L'aventure de Warbeck, qui rappelle évidemment celle des faux Louis XVII ou des Anastasia, n'est qu'un soubresaut dans la lutte entre les York et les Lancastre. Le meurtre des enfants d'Edouard IV, par contre, met en exergue un phénomène qui se retrouve dans toutes les dynasties : l'absence de scrupule et la guerre de pouvoir. Deux phénomènes dont les fils d'Edouard ne seront certes pas les seules victimes et que l'on retrouve à peine cinquante ans plus tard avec l'aventure de lady Jeanne Grey.
Belle, instruite, lady Jeanne Grey, arrière-petite-fille d’Henri VII, doit surtout à l’ambition de sa famille de mourir à dix-sept ans.
La santé du jeune roi Édouard VI, fils unique d’Henri VIII, était vacillante depuis longtemps déjà et de nombreux seigneurs craignaient de voir lui succéder sa demi-sœur, Marie Tudor, catholique intransigeante. John Dudley, chef du parti protestant et beau-père de lady Jeanne, réussit à convaincre le roi mourant de désigner cette dernière comme héritière de la couronne et, le 6 juillet 1553, à la mort d’Édouard VI, Jeanne est effectivement proclamée reine d’Angleterre. Son règne durera… treize jours : le 19 juillet, Marie Tudor réussit à faire reconnaître ses droits et à enfermer Jeanne et sa famille à la Tour de Londres. L’ex-reine et son mari seront condamnés à mort et exécutés le 12 février 1554.
Dernière mise à jour : ( 04-08-2010 )

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