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Les fils de Thor
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Ecrit par Brune de Crespt   
04-10-2006
Hache viking.
Hache viking.
« Seigneur, protège-nous de la fureur des hommes du Nord », implorait-on dans les monastères d’Angleterre, d’Irlande et de France pendant des siècles. En vain… Les hordes vikings vont ravager l’Europe entière avant de s’intégrer doucement à l’Occident chrétien. On appelle ce temps de conquête l’ère viking. Elle commence au VIIIe siècle et s’achève au XIe : trois siècles de razzias, de terreur et de découvertes, faisant de ce peuple de marins les hommes les plus craints d’Europe…
Cernés par les eaux froides de la Baltique et de la mer du Nord, établis sur une terre peu clémente et découpée par de profonds fjords, les Vikings se lancent à la conquête de la mer dès le VIe millénaire avant J.-C.. À l’origine, leurs embarcations ne sont que de modestes canoës recouverts de peaux de bœuf et aptes uniquement au cabotage le long des côtes. Peu à peu et pendant environ un millénaire, les Vikings s’attelleront à améliorer leurs navires destinés à les emmener toujours plus loin à la recherche de terres nouvelles.
Des guerriers conquérants
Plusieurs raisons vont amener les Vikings à partir à l’assaut du monde. La première est l’effondrement, au Ve siècle, du vieil Empire romain. La deuxième est l’accroissement soudain de la population scandinave, accroissement dû à des récoltes abondantes et donc à une meilleure qualité de vie -et même de survie- ainsi qu’au style de vie des Vikings qui favorisait la polygamie. La troisième raison est sans doute à mettre au crédit du système judiciaire viking qui condamnait souvent les criminels à l’exil : ainsi, le célèbre Erik Le Rouge colonisera-t-il l’Islande puis le Groenland parce qu’il n’était plus le bienvenu dans son pays. Enfin, il existe une dernière raison qui va pousser les Vikings à parcourir le monde : un goût immodéré pour le voyage et l’aventure.
Dessin contemporain représentant un drakkar viking.
Dessin contemporain représentant un drakkar viking.
Les rois des mers
Le drakkar est indissociable de l’épopée viking et demeure la meilleure arme ainsi que la marque de fabrique des « hommes du Nord ».
Le drakkar tel que nous le connaissons apparaît au VIIe siècle. Il a acquis une quille, qui favorise la stabilité du navire, un gouvernail, qui sera de plus en plus long, et, surtout, une large voile rectangulaire qui, pour un bateau de vingt-quatre mètres de long, pouvait atteindre cent mètres carrés. Le mât, quant à lui, est amovible et peut être hissé ou abaissé à volonté.
La maniabilité de ces bateaux permet aux Vikings de naviguer en haute mer aussi bien que de remonter le cours d’un fleuve. Le drakkar a même la particularité de pouvoir reculer sans se retourner. En effet, proue et poupe sont similaires et il suffit tout simplement de ramer en sens inverse.
Si nécessaire, les marins poursuivent leur voyage sur terre soit en pratiquant le portage du navire, soit en l’équipant de roues, comme le révèle la Chronique de Constantinople. En fait, les Vikings ont inventé le char à voile !
Pour se diriger, ces remarquables navigateurs se fient avant tout aux astres ou, quand le temps tourne au brouillard, à la fameuse « pierre solaire » qui, dit-on, passe du jaune au bleu lorsqu’on « l’expose à la perpendiculaire du plan de la lumière ». Les changements de température, les variations de la couleur de l’eau : tout est bon pour se situer. Parfois, un navigateur plus expérimenté accompagne l’équipage avec pour mission de le guider. Mais il faut croire que la mémoire n’est pas le fort de ces marins exceptionnels car rares sont les occasions où on cite de tels conseillers…
Navigateurs de génie, marins exceptionnels, les Vikings ont ainsi marqué l’histoire de la navigation au point qu’une grande partie du vocabulaire maritime actuel est issu du vieux norrois, la langue des Vikings.
Un guerrier viking, d'après la tapisserie de Bayeux.
Un guerrier viking, d'après la tapisserie de Bayeux.
À l’assaut du monde occidental
C’est donc ainsi que les Vikings, c’est-à-dire les Norvégiens, les Suédois et les Danois, vont se lancer à la conquête du monde, troquant, le temps de quelques razzias, leur rôle de marins pour celui de pillards.
Des drakkars surgissent à l’horizon, s’approchent rapidement des côtes et, soudain, une horde de guerriers hurlants se lance à l’assaut des bâtiments. Les monastères sont pillés, les villages dévastés, les hommes et les femmes massacrés ou bien enlevés pour finir leur vie comme esclaves. Telle est la technique des strandhagg si souvent décrite par les chroniqueurs occidentaux.
Le Viking est aussi doué pour la guerre brutale que pour la navigation. Coiffé d’un casque conique à nasal, en cuir ou en fer, portant une veste de cuir rembourrée ou une cotte de mailles s’il est riche, il sait user de toutes sortes d’armement. Quand il débarque, il est généralement équipé d’un grand bouclier, d’un arc dont la corde est, selon la tradition, faite de cheveux de femme tressés, d’une épée longue, à double tranchant, et d’une lourde hache permettant d’abattre un cheval ou de fendre un bouclier d’un coup bien assené.
Mais le Viking ne se contente pas d’être un simple barbare pillard, il est aussi un redoutable commerçant. Et au IXe siècle, on trouve sur les marchés de Scandinavie toutes sortes d’objets et de denrées : des épices et de la soie venus d’Orient, des armes franques, du jais d’Asie, le vin du Rhin… Tout est matière à commerce, à échange et les « produits du cru » sont, eux aussi, très recherchés : laine, esclaves, fourrures ou encore ivoire de morse…
Pièces de monnaie viking.
Pièces de monnaie viking.
Quand le Viking se fait paysan
De retour chez lui, le guerrier farouche et effrayant devient un simple paysan. C’est du moins l’activité principale de la société viking, une société divisée en trois classes et fort civilisée.
Le bas de l’échelle est bien entendu constitué par les esclaves, les traells, qui sont généralement des prisonniers de guerre ou bien des hommes libres déchus de leurs droits par voie de justice.
Les traells vivent avec la famille et en font partie intégrante. Ils peuvent même atteindre des « postes à responsabilité » en devenant régisseurs du domaine ou bien, pour les femmes, gouvernantes des enfants du maître. Cependant, un enfant né d’un homme libre et d’une esclave ira immanquablement rejoindre la cohorte des traells du domaine.
La classe la plus importante de la société viking est celle des bondis, qui sont propriétaires de leur terre. Officiellement égaux entre eux, leur influence et l’étendue de leurs droits dépendent en fait de l’importance de leur famille et de celle de leur domaine. Ils ont le droit de porter les armes et, surtout, de faire appel à la justice.
C’est aussi parmi ces bondis que se recrutent les chefs, élus par l’assemblée du Thing.
Le Thing, dépositaire du pouvoir
Le Thing viking est une espèce d’assemblée législative qui, outre la promulgation des lois, a pour fonction d’élire les chefs et de rendre la justice.
Au niveau cantonal, le Thing rassemble tous les hommes libres ayant un domicile fixe, c’est-à-dire tous les bondis, parmi lesquels sont désignés les représentants du canton. À l’échelon provincial, étant donné que l’on peut difficilement parler de nation à cette époque, le Thing se compose des représentants de cantons. Charge à eux d’élire le ou les rois qui ont pour fonction, outre le maintien de la sécurité et de l’honneur de leur peuple, celle d’un chef religieux. Deux fois par mois, ce Thing provincial se réunit et fait office de tribunal.
Du tribunal à la holmgänga
Le système judiciaire viking est assez rudimentaire mais relativement efficace. En cas de litige, le ou les accusés sont convoqués par le Thing devant lequel ils doivent se défendre eux-mêmes.
Les peines encourues varient de la simple amende, pour les crimes les moins graves, à l’exil. Mais le plus souvent, les bondis préfèrent régler leurs différends par la holmgänga, sorte de duel judiciaire jugé parfaitement légal jusqu’au Xe siècle.
Pourtant un crime ou une offense, même réglés par la holmgänga ou le Thing, sont généralement le prélude à une véritable vendetta, nul ne pouvant toucher impunément à l’honneur d’une famille. Des lignages entiers seront ainsi décimés par des années de vengeances successives.
C’est que, pour les Vikings, les liens familiaux sont d’ordre presque divin. La famille et le clan sont le noyau de la société.
Le soir, au coin du feu
Le terme de famille s’emploie au sens large chez les Vikings. Il regroupe le chef de famille proprement dit, sa femme, les enfants, les concubines diverses et variées ainsi que les traells. Et tout ce petit monde vit dans la même maison.
Autant le Danemark et la Suède présentent un urbanisme naissant, autant la Norvège garde jusqu’à la fin du premier millénaire les caractéristiques d’habitations typiquement vikings.
Les maisons sont longues d’environ douze mètres et faites généralement d’une seule pièce, à la rigueur de deux chez les plus riches. De construction assez rudimentaire, elles sont faites de planches de bois colmatées par un torchis de terre, le tout recouvert d’un toit de chaume, de bois ou même de plaques de gazon comme le montre la maison reconstituée de Stöng, en Islande, ou celles présentées au musée du folklore de Bigdöll, près d’Oslo.
Le foyer est au centre de la pièce principale. C’est là que toute la famille dort -esclaves, enfants, concubines-, le maître et son épouse ayant parfois droit à un semblant de chambre isolée du reste de la pièce par une mince tenture de tissu. La seule ouverture, pratiquée dans le toit, sert à évacuer la fumée du foyer. Avec le temps, bien sûr, les choses ont évolué et à cette « maison longue » se sont ajoutés parfois un hall, une chambre à coucher ou encore un sauna, une laiterie. Au final, la maison viking prend l’apparence d’un véritable petit hameau.
Là, on cultive la terre, on fabrique les outils, les pièces de forges, les armes… La vie en autarcie est de rigueur dans ces immenses étendues glacées…
Quand le guerrier n’est pas lancé dans quelque expédition lointaine, l’hiver se passe à l’entretien de la terre et des outils. Un hiver long et glacé où l’on attend avec impatience l’arrivée d’un scalde -le troubadour nordique. Toute la famille se retrouve alors autour du foyer et écoute avec ferveur les merveilleuses sagas ayant pour héros les marins aventureux ou les dieux.
Le dieu Odin, accompagné du loup Fenrir et des corbeaux qui sont ses attributs.
Le dieu Odin, accompagné du loup Fenrir et des corbeaux qui sont ses attributs.
Le marteau de Thor
À l’image des Vikings eux-mêmes, les dieux de la mythologie nordique sont farouches et violents.
Il s’agit là d’un monde peuplé de géants, d’elfes -tout comme dans la mythologie celtique- et d’une foule de dieux secondaires. Quatre figures prédominent pourtant. Odin d’abord, le dieu de la victoire qui parcourt le monde sur son cheval à huit pattes, Sleipnir. Puis vient Thor, fils d’Odin, dont le nom signifie « tonnerre » : il est le dieu de la guerre et la divinité de loin la plus populaire. À bord de son char tiré par deux boucs, il protège les dieux et les hommes grâce à son célèbre marteau, seul capable de venir à bout de la race des géants. Viennent ensuite Freyr, le dieu de la fertilité, et sa sœur jumelle Freyja, déesse de la beauté, qui est à la tête de l’armée des Walkyries. Ces amazones sont chargées de juger de la bravoure des guerriers et, s’ils l’ont mérité, de les conduire au Walhalla, où l’hydromel coule à flots et où ils pourront continuer à s’entraîner en vue du combat final entre les dieux et les géants de la glace : le Ragnarök ou crépuscule des dieux.
D’ailleurs toute la mythologie nordique est tournée vers cette fin ultime qu’est le Ragnarök. Décidé depuis l’aube des temps, « il devait marquer l’apogée du drame cosmique », selon Arthur Cotterell. Fait de glace et de feu, le monde était naturellement fragile et devait finir en apocalypse. Tout le combat des dieux tend vers ce moment du Ragnarök où ils seront anéantis, fait unique n’apparaissant dans aucune autre mythologie.
Les dieux sont essentiellement là pour protéger la famille, le guerrier et l’État tout entier. En échange, les Vikings les honorent par des offrandes ou bien, tous les neuf ans, par des cérémonies sacrificielles. Là, on immole neuf victimes mâles de chaque espèce : chiens, chevaux ou hommes. Les victimes étaient soit pendues soit exécutées à l’épée ou à la hache.
Le rituel était à la charge des godhi, c’est-à-dire les « hommes des dieux », qui n’étaient pas des prêtres à proprement parler. En effet, chaque chef local, chaque roi était, à son niveau, un chef spirituel, celui qui servait d’intermédiaire entre les dieux et les hommes. Mais la fonction était risquée : si les hommes avaient effectivement le devoir d’honorer leurs dieux, ces derniers avaient celui de les satisfaire. Et pour peu qu’un Viking n’ait pas obtenu du dieu ce qu’il voulait, il pouvait exiler le godhi ou tout simplement régler le problème d’un bon coup de hache. Et l’on sait leur dextérité dans ce domaine…
Une civilisation oubliée
L’ère des sagas et des voyages au long cours s’achève au XIe siècle. La Scandinavie est désormais chrétienne ; les Nordmen, comme on les appelle, n’effraient plus et font partie intégrante de la société médiévale.
Oubliée pendant des siècles, cette civilisation va pourtant revivre grâce au génial Snorri Sturluson, un historien islandais qui, au début du XIIIe siècle, a l’heureuse initiative de mettre par écrit les récits, les vieux mythes, les sagas de la mythologie nordique. Il faudra ensuite attendre le XIXe siècle pour que ressuscite la vieille civilisation viking grâce à l’archéologie.
Mais, alors que s’éteint doucement la civilisation des Vikings adorateurs d’Odin et de Thor et des guerriers qui, « hurlant et écumant frénétiquement de rage, laissaient derrière eux la terreur », leurs fils, installés dans le duché de Normandie, prennent le relais : ils établissent une véritable dynastie qui conquerra l’Angleterre en 1066 puis fondent le royaume de Sicile et la principauté d’Antioche.
Dernière mise à jour : ( 07-10-2006 )

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