Etienne Dolet (1509-1546). Sans doute l’un des plus brillants humanistes de son temps, à la fois poète, grammairien et traducteur d’œuvres grecques et latines. Mais aussi un intellectuel turbulent, impétueux, en rébellion contre toutes les autorités religieuses ou politiques. Une légende tenace -et sans fondement historique- fait d’Étienne Dolet un fils naturel de François 1er. Mais il est vrai que le roi interviendra à deux reprises pour le sauver de la prison et du bûcher. En 1542, il s’établit comme imprimeur à Lyon et lance de violentes attaques contre Rabelais, Marot et Érasme.
Accusé d’hérésie, il est jeté en prison et ne doit sa liberté qu’à l’intervention de François 1er. Deux ans plus tard, en 1544, il publie un pamphlet virulent contre le parlement intitulé Le second enfer. Il est de nouveau jeté en prison et, encore une fois, sauvé par le roi. Cependant, ni la clémence du roi ni les multiples avertissements de ses rares amis ne calment les colères d’Étienne Dolet. Sacrifiant la prudence à la conviction, il reprend ses attaques et perd cette fois l’indulgence amicale de François 1er. Arrêté une troisième fois, il est condamné à mort en 1546 et brûlé vif sur la place Maubert, à Paris, à l’âge de trente-sept ans. |