Représentation médiévale d'une torture en enfer. Au Moyen Âge, la vision de l’enfer est celle d’un haut-fourneau, d’un brasier dans lequel les flammes lèchent les corps suppliciés des condamnés. Mais n’allez pas croire qu’il n’y avait pas la moindre variété dans les souffrances, bien au contraire : il y en avait au moins six, selon le récit du voyage de saint Brendan, écrit au IXe siècle, une pour chaque jour de la semaine -le dimanche étant férié ! Voici, par exemple, une semaine infernale telle que Judas la raconta le jour où, assis au bord de l’eau, il rencontra le saint : Le lundi, je suis cloué sur la roue et je tourne comme le vent. Le mardi, je suis étendu sur une herse et chargé de roches : regardez mon corps, comme il est percé. Le mercredi, je bous dans la poix, où je suis devenu noir, comme vous voyez ; puis je suis embroché et rôti comme un quartier de viande.
Le jeudi, je suis précipité dans un abîme où je gèle et il n’est pire supplice que ce grand froid. Le vendredi, je suis écorché, salé et les démons me gavent de cuivre et de plomb fondu. Le samedi, je suis jeté dans une geôle infecte où la puanteur est si grande que mon cœur passerait mes lèvres, sans le cuivre qu’ils m’ont fait boire. Et le dimanche, je suis ici, où je me rafraîchis…
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