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Ecrit par Brune de Crespt   
30-12-2006
>Jules César (100 ou 101-44 av. J.-C.).
Jules César (100 ou 101-44 av. J.-C.).

En 509 avant J.-C., le règne tyrannique du souverain étrusque Tarquin le Superbe s’achève grâce à la révolte menée par un certain Lucius Brutus. Quatre siècles plus tard, un homme, descendant d’Énée et de Vénus, un fils de Iule, légendaire fondateur d’Albe la Longue, part à la conquête de cette royauté depuis si longtemps abolie. Il y laissera la vie…
Neveu par sa mère du célèbre général Caius Marius et gendre de Cinna, Jules César, qui proclamait également une ascendance quasi divine, avait un bel avenir devant lui. Pourtant, personne, jamais, n’aurait pu penser que ce jeune homme dissipé et grand amateur de femmes se révélerait un tel génie…
Classé d’office comme membre du parti « populaire », César suit tranquillement la carrière des honneurs : questeur en 69 avant J.-C., édile  quatre ans plus tard puis préteur en 62, il devient consul en 59 avant J.-C. et fonde le premier triumvirat avec Pompée et Crassus. Sa victoire sur Vercingétorix et la soumission de la Gaule en 52 allaient accentuer sa soif d’honneurs et de pouvoir.

César avait acquis le gouvernement de la Gaule, province riche et tremplin pour d’autres conquêtes, en 58 avant J.-C.. La révolte du jeune chef arverne Vercingétorix allait être l’occasion pour le Romain de prouver son génie militaire et d’attacher à son sort des milliers de légionnaires. C’est aussi à cette époque que la rivalité entre César et Pompée va s’exacerber -Crassus était mort en 53 avant J.-C.. César, vainqueur en Gaule, traversera finalement le Rubicon et écrasera Pompée à Pharsale en 48 : à travers Pompée, c’est le Sénat qui est mis au pas et César s’empare du pouvoir. Il ne le lâchera plus !
Passé maître dans l’art subtil de la propagande, César, qui s’est déjà auto-glorifié dans les Commentaires de la guerre des Gaules et le De bello civili, s’assure durablement le soutien du peuple romain lors des triomphes de 46 et 45 avant J.-C.. Là, magnificence et faste éclatent aux yeux du peuple… déjà fortement amadoué par de très généreuses distributions d’argent ! Décidément, César, en plus d’être un soldat génial, connaît parfaitement les subtilités de la démagogie…
Ses campagnes militaires en Égypte, en Numidie ou en Espagne, conclues à chaque fois par d’éclatantes victoires, lui attachent définitivement plus de trente-neuf légions surentraînées.
César avait donc gagné l’amour du peuple et celui de ses légions. Il lui restait à mettre le Sénat à ses pieds…
Une République « sans corps ni figure »
Déjà dictateur provisoire, César devient, en 44 avant J.-C., dictateur perpétuel. La République, selon ses propres termes, n’est déjà plus qu’un « vain mot sans corps ni figure ».
Et en effet, les pouvoirs, autrefois divisés, sont tous entre ses mains. Détenteur du « droit de paix et de guerre », il impose au sénateurs et aux magistrats un serment qui les contraint à respecter absolument toutes ses décisions -serment relativement aisé à obtenir, le Sénat étant noyauté par ses partisans. Son titre d’imperator devient transmissible à ses descendants et il a aussi le droit de porter constamment le costume triomphal, la pourpre et le laurier. Il est même divinisé de son vivant : déjà grand pontife, il se voit attribuer le titre de « divin Jules » et ses statues sont presque aussi nombreuses que celles de Jupiter lui-même. César fait la pluie et le beau temps à Rome, au point que la vie constitutionnelle est littéralement bloquée lors de ses rares absences. Il ne lui manque plus que la dignité royale…
Seulement voilà : le peuple romain veut bien d’un dictateur mais pas d’un roi. Et il le fait savoir… En effet, un jour, au cours de la fête des lupercales, César décide de « prendre la température » de la populace. Alors qu’il vient d’assister à la victoire de son cher Marc Antoine à une course de char, ce dernier s’approche de César et pose sur sa tête une couronne. Un silence consterné se fait dans la foule. Quelques hommes de main ont beau crier « Vive le roi ! », rien n’y fait. Pire, le peuple gronde. Alors César, une fois de plus, se révèle génial et retourne la situation à son avantage. Repoussant la couronne que lui propose Marc Antoine, il proclame haut et fort :
-Je suis César et je ne suis pas roi !
Un tonnerre d’applaudissements suit cette déclaration. César n’est pas roi, mais il vient de réaliser un magnifique coup de génie !
Le peuple n’est pas seul à s’inquiéter des velléités de royauté qu’entretient César. Les sénateurs s’agitent aussi :
Marcus Junius Brutus (v.85-42 av. J.-C.).
Marcus Junius Brutus (v.85-42 av. J.-C.).
Un jour, rapporte Suétone, revenant des fêtes célébrées en l’honneur de Jupiter Latialis, comme le peuple l’acclamait d’une manière excessive et immodérée, un homme de la foule posa sur sa statue une couronne de laurier qu’il fixa par une bandelette blanche -signe de la royauté. Les tribuns du peuple, Épidius Marullus et Cesetius Flavius ordonnèrent aussitôt que la bandelette fût enlevée et que l’homme fût conduit en prison. Mais César, fâché, réprimanda durement les tribuns et les priva de leur charge pour avoir mal accueilli cette allusion à la royauté, lui interdisant ainsi, comme il le disait lui-même, le mérite glorieux d’avoir refusé une couronne.
À partir de ce moment, il ne put effacer l’opprobre d’avoir voulu prétendre à la royauté…
En fait, César ne trompe personne et l’opposition se fait de plus en plus vive chez les magistrats et les sénateurs, y compris parmi ses « partisans » officiels. Laissons Suétone raconter lui-même les événements :
Plus de soixante personnes conspirèrent contre lui : C. Cassius, Marcus et Decimus Brutus étaient les chefs de la conspiration.
D’abord ils hésitèrent, ne sachant pas s’ils précipiteraient César du haut du pont du Champ de Mars pendant les élections, au moment du vote des tribus afin que les conjurés postés au préalable pussent le massacrer, ou bien s’ils le frapperaient sur la Voie Sacrée ou à l’entrée du théâtre. Mais lorsqu’ils apprirent que le Sénat était convoqué pour les ides de mars dans la salle de Pompée, ils jugèrent que le moment et le lieu étaient des plus favorables.

« César, méfie-toi des ides de mars ! »
D’évidents prodiges annoncèrent à César sa mort prochaine. Quelques mois auparavant, des colons transportés à Capoue en vertu de la loi Julia, fouillant de vieilles tombes pour construire des habitations avec un acharnement accru par la découverte de vases anciens, mirent au jour une table d’airain. Cette table trouvée, dit-on, dans le monument où avait été enterré Capys, fondateur de Capoue, portait cette inscription en grec :
Lorsque les ossements de Capys reverront le jour, un descendant de la famille Julia périra de la main de ses proches et sa mort sera bientôt vengée par des désastres qui s’abattront sur l’Italie.
Qu’on veuille bien ne pas considérer cela comme un conte ou une fiction, puisque le fait a été rapporté par Cornelius Balbus, un des plus intimes amis de César. Sur les derniers jours de sa vie, il apprit que les chevaux consacrés par lui aux dieux, en passant le Rubicon, et qui, par troupeaux erraient en liberté, refusaient obstinément de manger et versaient des larmes abondantes.
Pendant un sacrifice, l’aruspice Spurinna le prévint d’avoir à éviter un danger qui le menaçait avant les ides de mars. La veille de ces mêmes ides, des oiseaux d’espèces différentes, sortis d’un bois voisin, poursuivirent et mirent en pièces un roitelet qui s’était posé sur la salle de Pompée, un rameau d’olivier dans le bec.
La nuit qui précéda le jour de son assassinat, César, pendant son sommeil, eut l’impression de voguer tantôt au-dessus des nuages et tantôt de serrer la main de Jupiter. Sa femme Calpurnie rêva que le faîte de sa maison s’écroulait et que son mari était percé de coups dans ses bras et soudain les portes de sa chambre s’ouvrirent d’elles-mêmes.

Tous ces faits et le mauvais état de sa santé le rendaient hésitant. Tandis qu’il se demandait s’il resterait chez lui et remettrait à un autre jour les propositions qu’il comptait soumettre au Sénat, Decimus Brutus le pria de ne pas manquer de parole aux sénateurs assemblés depuis longtemps. Il se décida et sortit à la cinquième heure. Quelqu’un lui présenta sur son chemin un écrit qui lui révélait tout le complot ; mais César le mêla à d’autres papiers qu’il tenait de la main gauche, comme pour le lire plus tard. Puis, après avoir fait immoler plusieurs victimes, sans qu’aucune rendît un présage favorable, il entra au Sénat au mépris de tout sentiment religieux.
Il se moquait même de Spurinna qu’il accusait de mensonge, puisque les ides de mars étaient commencées sans qu’il lui fût arrivé aucun mal. Ce à quoi Spurinna répondit qu’elles étaient bien commencées, mais qu’elles n’étaient pas terminées…
Dès que César se fut assis, les conjurés l’entourèrent sous prétexte de lui rendre hommage et, aussitôt, Cimber Tullius, qui s’était chargé du premier rôle, s’approcha comme pour lui adresser une demande. César ayant refusé de l’entendre et, par un simple geste, ayant remis l’affaire à plus tard, Cimber saisit sa toge aux deux épaules.
-Mais c’est de la violence, s’écria César.
Alors l’un des Cassius le blessa par derrière, un peu au-dessous de la gorge, mais César, saisissant le bras de Cassius, le blessa de son stylet. Il voulut alors s’élancer, lorsqu’une autre blessure l’arrêta puis, quand il vit tous les poignards levés sur lui, il se couvrit la tête de sa toge et de sa main gauche rabattit ce vêtement jusqu’aux pieds, pour tomber décemment, en voilant la partie inférieure de son corps. Il fut percé de vingt-trois coups ; le premier lui arracha un gémissement inintelligible.
On raconte que voyant Marcus Brutus prêt à le frapper, il se serait écrié :
-Et toi aussi mon fils !
Tous les conjurés s’enfuirent, laissant son cadavre sur le sol. Enfin, trois esclaves le rapportèrent chez lui sur une litière, un bras pendant au dehors. Son médecin, Antistius, estima que de toutes les blessures qu’avait reçues César, une seule, la seconde qu’il reçut dans la poitrine, était mortelle. L’intention des conjurés était de traîner son cadavre jusqu’au Tibre, de déclarer ses biens confisqués puis d’annuler toutes ses décisions. Mais la crainte que leur inspirait le consul Marcus Antonius et Lépide, le chef de la cavalerie, les firent renoncer à leur dessein.
La mort de César, d'après une représentation du XIXe siècle.
La mort de César, d'après une représentation du XIXe siècle.
L’assassinat de César n’est certes pas le premier commis par des conjurés soucieux de mettre fin aux ambitions démesurées d’un dictateur. Que ce soit dans l’Égypte ancienne, en Chaldée ou en Assyrie, au temps des premiers balbutiements de l’histoire humaine, il y eut des mises à mort dont le souvenir a fini par se perdre au fil des millénaires. Mais la mort de César est le premier « crime politique » dont nous connaissons les moindres détails. Un crime qui en annonce beaucoup d’autres… dans les siècles à venir.
Dernière mise à jour : ( 30-12-2006 )

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