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Cent ans de malheur : les origines de la guerre de Cent Ans
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Ecrit par Alix Ducret   
19-01-2007
Détail d'une tapisserie ancienne représentant les armes des rois de France soutenues par deux anges.
Détail d'une tapisserie ancienne représentant les armes des rois de France soutenues par deux anges.
Commencée en 1337 pour s’achever en 1453, la guerre de Cent Ans est constituée d’une succession de conflits qui vont opposer, non pas deux pays, mais deux souverains, celui de France et celui d’Angleterre. Cette âpre lutte, qui s’achève avec la victoire française, verra également l’émergence d’un phénomène nouveau en France : le sentiment national.
Mais plutôt que de disserter sans fin sur les conséquences de cette guerre et sur les ravages qu’elle a provoqués, plutôt que de relater par le menu les batailles qui ont ponctué ce conflit, il est essentiel de se pencher sur ses origines, souvent mal connues, et sur le véritable enchevêtrement généalogique qui en a été la cause.
Cela fait déjà presqu’un siècle que Guillaume le Conquérant, duc de Normandie et vassal du roi de France, a conquis la couronne d’Angleterre, quand Aliénor, duchesse d’Aquitaine, épouse, en 1152, Henri  Plantagenêt, duc de Normandie, comte d’Anjou et de Poitou. À ces vastes possessions, Henri ne tardera pas à ajouter l’Angleterre, qui lui échoit après une âpre lutte contre son cousin pour hériter du trône qu’Étienne de Blois a usurpé après la mort d’Henri Ier Beauclerc.
Une épine dans le royaume
Aliénor d'Aquitaine (1122-1204).
Aliénor d'Aquitaine (1122-1204).
Dès ce moment, Henri II et Aliénor, souverains d’Angleterre, sont les vassaux les plus puissants du roi de France et possèdent près de la moitié du royaume. L’épine est de taille pour le roi de France ! C’est là qu’il faut placer l’origine du conflit opposant, durant des siècles, la France et celle qui ne tardera pas à devenir la « perfide Albion ». En effet, comment imaginer que les souverains français puissent ne pas réagir face au danger permanent de révolte et d’opposition que font peser sur le royaume -et à l’intérieur même de ce royaume- les rois anglais ?
Philippe Auguste, le premier, s’y attellera : calmant sérieusement les ardeurs d’Henri II, il conquiert, en 1204, le duché de Normandie ; puis, son fils, Louis VIII le Lion, mène des attaques contre les armées anglaises, allant jusqu’à les poursuivre dans Londres même où il songera un temps à s’emparer de la couronne. En 1242, Saint Louis est à son tour vainqueur d’Henri III d’Angleterre et démantèle partiellement les possessions anglaises en France : il ne laisse que la Guyenne… ce qui est déjà un beau morceau. En effet, la Guyenne comprend alors la Gascogne, la Saintonge, l’Agenais, le Limousin, le Quercy et le Périgord ! Bref, tout le Sud-Ouest et une côte, aisément accessible depuis l’Angleterre. C’est encore trop, beaucoup trop et les escarmouches ou les « affaires » opposant les deux souverains dans cette région ne manqueront certes pas jusqu’à ce qu’éclate la guerre de Cent Ans.
« Les fils maudits »
L’élément déclencheur de la guerre sera le problème successoral posé à la mort de Charles IV le Bel. Nous avons déjà eu l’occasion, au cours de ce numéro, d’évoquer en quels termes il se posait mais il n’est pas mauvais de le rappeler.
Philippe le Bel avait trois fils et une fille, ce qui semblait suffisant pour assurer la continuité dynastique. À sa mort, son fils aîné, Louis X, ceint la couronne. Il n’a qu’une fille, née d’un premier mariage, mais il vient d’épouser Clémence de Hongrie qui est rapidement enceinte. En 1316, Louis X meurt des suites d’une maladie. Dans l’attente de la naissance de l’enfant, c’est donc son frère qui prend le pouvoir en s’instituant régent. Jean Ier naît peu après mais meurt au bout de quelques jours. Pour la première fois, la continuité dynastique capétienne est rompue.
Monnaie des comtes de Poitou.
Monnaie des comtes de Poitou.
Mais avant même que ne s’ouvre un quelconque débat, Philippe V, le frère de Louis X, se fait couronner, arguant d’une ancienne loi franque, la fameuse loi salique, qui exclurait les femmes de la succession ou, plus exactement, qui interdit aux femmes « d’hériter de la terre ». Une loi qui ne vaudrait que pour l’entité même du royaume et non pour les duchés ou comtés, dont nombre d’entre eux sont déjà « tombés en quenouille ». Déjà d’ailleurs, Philippe le Bel avait introduit la « clause de la masculinité », selon l’expression de Jean Favier, en révisant, la veille de sa mort, le statut de l’apanage de Poitou qui, « faute d’héritier mâle, reviendrait à la couronne de France ».
Regardant qu’il pourrait advenir, précisent les lettres patentes, que le dit Philippe ou aucun de ses hoirs ou successeurs comtes de Poitiers, pourraient mourir sans hoir mâle de leur corps, laquelle chose nous ne voudrions pas ni que le comté fut en main de femelle, sur ce nous avons ordonné ainsi comme il s’ensuit, c’est assavoir que, au cas que le dit Philippe ou auncun de ses hoirs comte de Poitiers mourrait sans laisser hoir mâle de son corps, nous voulons et ordonnons que le comté de Poitiers retourne à notre sucesseur roi de France et soit rejointe au domaine du royaume.
Une précision due à Philippe le Bel et qui valait en fait autant, si ce n’est plus, pour le Poitou que pour l’Artois et la Comté, qui signifiait l’ouverture vers l’est et l’entrée -par la Comté- dans l’Empire, dont devaient hériter les descendants de Philippe de Poitiers et de Jeanne de Bourgogne.
Couronne de Philippe V le Long (v.1293-1322).
Couronne de Philippe V le Long (v.1293-1322).
La fille de Louis X, Jeanne, est donc écartée de fait. Et si personne ne discute la loi salique, soudainement exhumée d’on ne sait où, c’est que la légitimité de Jeanne est sujette à caution : sa mère, Marguerite de Bourgogne, n’a-t-elle pas été convaincue d’infidélité ? De plus, Jeanne n’est encore qu’une enfant qui ne saurait s’opposer à un homme déjà puissant. Pour faire bonne mesure, Philippe V s’empare provisoirement de la Navarre, qui fait également partie de l’héritage de Jeanne.
Quelques années plus tard, en 1324, l’affaire se répète : Philippe V le Long meurt, ne laissant que des filles. Son frère, qui ne s’était soumis lors de l’invocation de la loi salique que bon gré mal gré, reprend cet argument à son compte et se fait couronner roi. Quatre ans plus tard, le problème se pose à nouveau : Charles IV vient de mourir sans héritier mâle. Sentant la mort venir, il n’a cependant pas désigné d’héritier et a simplement déclaré que la décision appartiendrait aux pairs du royaume. Bref, il s’en lave les mains !
Où sont les fils de France ?
Isabelle de France et son fils Edouard III reçus par Jean de Hainaut.
Isabelle de France et son fils Edouard III reçus par Jean de Hainaut.
Cette fois-ci le problème successoral est nettement plus ardu : de tous côtés, des prétendants se présentent, tous héritiers de Philippe le Bel, face à un Philippe de Valois qui n’est que le neveu de ce roi. C’est d’ailleurs lui que les pairs de France vont désigner en 1328 pour succéder à Charles IV.
La décision est, en soi, parfaitement logique. En effet, si l’on prend acte de la loi salique, seul le Valois est en droit de prétendre au trône. Il n’est pas fils de roi, mais il est bien petit-fils de roi et le seul héritier par les mâles ! Jeanne de Navarre est une femme, nul n’en disconvient, de même que les filles de Philippe V et de Charles IV…
Édouard III, qui d’ailleurs ne songe pas particulièrement à prétendre au trône de France à ce moment-là, est certes le seul petit-fils de Philippe le Bel, mais c’est par sa mère, Isabelle de France, qu’il est rattaché à la dynastie capétienne !
Et si l’on réfute l’argument de la loi salique, Édouard n’a pas non plus le moindre droit de prétendre à la couronne de France : dans ce cas-là, le trône reviendrait naturellement à Jeanne de Navarre, fille aînée du fils aîné de Philippe le Bel !
Quoiqu’il en soit, en 1328, les pairs du royaume désignent Philippe de Valois qui devient Philippe VI. La couronne est sur la tête d’un fils de France, ou plutôt d’un petit-fils de France.
L’hommage-lige du roi d’Angleterre
À cette époque, le duché français du roi d’Angleterre ne comprend plus que les régions côtières de la Saintonge et de la Gascogne. Et c’est pour ce duché « rogné » qu’Édouard III doit prêter hommage au nouveau roi de France. Mais, on s’en doute, le jeune souverain anglais répugne à s’incliner ainsi devant un homme qui, quelques mois plus tôt, n’était qu’un noble parmi tant d’autres. De plus, Édouard III n’a pas encore digéré l’humiliation que les Français ont infligée aux Anglais du temps d’Édouard II -ce qui avait été l’occasion, une fois de plus, de dépecer le duché de Guyenne.
Détail d'une tapisserie représentant l'hommage d'Edouard III à Philippe VI de Valois.
Détail d'une tapisserie représentant l'hommage d'Edouard III à Philippe VI de Valois.
L’hommage tardant à être rendu, Philippe VI menace de confisquer la Guyenne -cela s’était déjà fait à plusieurs reprises, notamment lorsqu’Édouard II avait tardé à prêter l’hommage à Charles IV. Bon gré mal gré, l’Anglais se soumet, n’ayant pas les moyens de se lancer dans un conflit armé avec la maison de France.
L’hommage sera rendu, après maintes discussions et surtout en précisant qu’Édouard se réserve le droit de réclamer à nouveau les régions qui lui ont été enlevées.
Donc, rien n’est vraiment résolu et la situation reste extrêmement tendue…
Le 6 mars 1332, Robert d’Artois, pair de France, beau-frère et homme de confiance du roi, est condamné au bannissement. Après quelques errances en Europe, Robert se réfugie à la cour d’Angleterre où il prépare sa vengeance…
On a vu quels avaient été les prémices de « l’affaire d’Artois » et comment, à deux reprises, sous Philippe le Bel et sous Philippe V le Long, Robert avait été débouté lors de ses procès. Mais avec l’avènement de Philippe VI, Robert d’Artois voit son espoir renaître. N’est-il pas le beau-frère du nouveau roi ? N’a-t-il pas soutenu sa candidature devant les pairs avec ardeur ? N’est-il pas un des plus proches conseillers du souverain qui l’a fait pair du royaume ? De plus, Mahaut est morte en 1329 et le roi a pris le comté en sa garde en attendant de savoir s’il doit revenir au duc de Bourgogne, petit-fils par alliance de Mahaut, ou à Robert. Cette fois-ci, Artois en est persuadé, il va récupérer l’héritage qui lui revient tout naturellement de droit !
Il en est sûr… ou presque. Afin d’assurer la décision du roi et de la cour des pairs, Robert présente de nouvelles pièces à conviction. Mais quand le procès s’ouvre en décembre 1330, on découvre que les pièces sont des faux, des faux grossiers ! L’affaire, dès lors, est entendue ! Un pair du royaume vient de déroger : il sera exilé. Contre cela, ni Robert ni Philippe VI ne peuvent rien… Telle est la coutume.
Ruminant sa rage, Robert file à la cour d’Angleterre, où il espère bien entraîner Édouard III dans ses projets de vengeance. Jouant de l’ambition de l’Anglais, ravivant ses prétentions à l’héritage capétien, Robert va rallumer le conflit.
La guerre est déclarée
Les armes de la couronne de France et d'Angleterre.
Les armes de la couronne de France et d'Angleterre.
Édouard III n’a certes pas besoin d’un Robert d’Artois pour être convaincu que la couronne de France lui revient de droit. Cela, il le sait depuis des années… Mais, en 1336, lorsque Robert arrive à sa cour, l’Angleterre est en paix, ce qui pose un sérieux problème au roi. Que faire de tous ces vassaux turbulents, ne rêvant que de tirer leur épée, soit contre un ennemi extérieur, s’il y en a un, soit contre leur roi, s’ils n’ont plus que cela ? C’est donc d’une oreille de plus en plus complaisante qu’Édouard III écoute les arguments de Robert d’Artois.
De son côté, Philippe VI ne serait pas contre un conflit. Les caisses sont vides et les revenus « extraordinaires » ne sont concédés par le Parlement que pour la défense du royaume. Selon le mot de Jean Favier, si Philippe VI ne cherche pas vraiment la guerre par besoin d’argent, « il voit ce qu’on gagne à la préparer » ! Toutes les conditions sont donc réunies pour qu’éclate le conflit.
Édouard III va précipiter les choses : le jour de la Toussaint de l’an de grâce 1337, l’évêque de Lincoln vient, au nom du roi d’Angleterre, porter un message à « Philippe, qui se dit roi de France ». Ces quelques mots consomment la rupture : c’est une déclaration de guerre en bonne et due forme ! Une guerre qui durera… cent ans !
Dernière mise à jour : ( 20-01-2007 )

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