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Charles de Valois, l’homme qui voulait désespérément être roi
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Ecrit par Brune de Crespt   
07-03-2007
Charles de Valois, d'après une iconographie du XIXe siècle.
Charles de Valois, d'après une iconographie du XIXe siècle.
Si Charles de Valois, frère de Philippe le Bel est un tant soit peu connu du grand public, c’est grâce au célèbre roman de Maurice Druon, les Rois maudits. Ecrasé par la stature d’un frère qui a laissé dans l’histoire une trace « royale », on peut le dire, Charles de Valois ne mérite pas moins quelque intérêt. Et s’il apparaît, dans les Rois maudits, comme une véritable caricature du grand féal, « fort en gueule », batailleur, ambitieux et prétentieux, il faut reconnaître que ce portrait est fort proche de la réalité. Fils de roi, frère de roi, père de roi, Charles de Valois ne fut jamais roi lui-même… et ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé !
En 1266, le pape Innocent IV avait investi Charles d’Anjou, frère de Saint Louis, du royaume de Naples et de Sicile, royaume qu’il avait « confisqué » à Manfred, héritier de Frédéric II de Hohenstaufen. L’autorité de l’Angevin s’était rapidement établie sur l’Italie toute entière et ses ambitions le portaient même vers Constantinople lorsque, en 1282, commença l’insurrection sicilienne dont le signal fut donné, le 31 mars, par le massacre des Vêpres siciliennes.
Pour tous ceux qui ne voulaient plus de cette royauté et de cette noblesse capétienne, pour tous ceux que la politique oppressive de Charles Ier d’Anjou avait poussé à bout, le recours fut en Pierre III d’Aragon, époux de Constance de Hohenstaufen, fille unique et héritière de Manfred. Pierre, soutenu donc par nombre de partisans sur l’île même, conquit rapidement Palerme puis toute la Sicile. Il y avait désormais deux royaumes de Sicile : l’île elle-même, qui s’était placée dans l’orbite aragonaise, et le reste du royaume -Naples notamment- placé en terre continentale et que Charles d’Anjou conservait.
L’espoir aragonais
Mais en « déboutant » ainsi un souverain choisi par le pape lui-même, Pierre III d’Aragon avait désobéi à la papauté. La sanction fut immédiate et sans appel : il fut excommunié et son royaume d’Aragon à son tour confisqué… Voilà qui était fort bien « sur le papier » mais qui allait se dévouer pour lever une armée et prendre son royaume à Pierre III ? Philippe III le Hardi, fils de Saint Louis, accepta sans se faire trop prier. Il avait lui-même quelques griefs contre l’Aragonais, à qui il reprochait d’avoir tout fait pour écarter de la succession castillane ses neveux espagnols. En outre, son fils cadet, Charles de Valois, paraissait tout désigner pour régner sur l’Aragon : n’était-il pas à moitié Aragonais par sa mère, Isabelle, première épouse de Philippe III ?
Sceau de Charles Martel, roi de Hongrie.
Sceau de Charles Martel, roi de Hongrie.
Charles, encore jeune, se voyait donc déjà ceindre la couronne que lui avait promis son père. « Et la croisade d’Aragon, note Favier lapidaire, fut un complet échec ». Non seulement les Français furent battus avant même d’avoir passé les Pyrénées mais Philippe III mourut lors de la retraite de son armée. Son  successeur, Philippe le Bel, prit donc les choses en main… avec un tout autre objectif. Ne voyant pas l’intérêt de la France à poursuivre cette dangereuse aventure, il signa rapidement une trêve et Charles de Valois revint à Paris, sans couronne.
Charles n’eut donc d’autre choix que d’abandonner toute prétention à cette couronne chimérique, abandon qu’il « officialisa » en 1290 afin d’obtenir la main de Marguerite d’Anjou. Fille de Charles II d’Anjou, roi de Naples, et sœur de Charles Martel, roi de Hongrie, Marguerite lui donnera cinq enfants, dont le futur Philippe VI, et lui apportera en dot deux comtés, certainement plus réels que la couronne aragonaise : l’Anjou et le Maine. L’affaire était intéressante, non seulement en raison de la richesse de ces deux comtés qui faisait du frère du roi un des féodaux les plus en vue, mais également pour le roi de France qui les voyait revenir dans le giron proprement français.
Une couronne byzantine
Mais Charles de Valois n’avait pas abandonné pour autant tout espoir de ceindre un jour une couronne.
Veuf depuis peu, il épouse, en 1301, Catherine de Courtenay, petite-fille de Baudouin II, empereur de Constantinople, dont il aura quatre enfants. La couronne aragonaise lui a échappé ? Qu’à cela ne tienne ! Représente-t-elle d’ailleurs quelque chose comparée à la couronne impériale de Constantinople ? Certes, depuis 1261, les Grecs avaient repris Constantinople et l’Empire latin d’Orient n’avait plus la moindre réalité. Mais il ne tenait qu’à Charles de changer le cours de choses… Mauvais politique mais fort bon capitaine -il le prouvera d’ailleurs à maintes reprises en conduisant les armées de son frères-, Charles avait également la témérité et l’ambition nécessaire pour que la dynastie Courtenay redonne du corps -et des terres- à leur empire fantôme.
Mais avant de rallier Constantinople, Charles devait faire travailler son épée en Italie où le pape lui avait demandé de pacifier ses États et de chasser les Aragonais de Sicile. Tel avait été le prix à payer pour obtenir la dispense nécessaire à son mariage avec Catherine -ils étaient cousins. Philippe le Bel, de son côté, ne pouvait guère s’opposer aux projets de son frère : en effet, Charles le Boîteux était non seulement l’ancien beau-père de Charles de Valois, mais c’était également et surtout un Capétien.
Une fois le mariage célébré, Charles de Valois se mit en route. Il prit cependant tout son temps pour rallier la péninsule où l’attendait un terrible imbroglio qui, pour être dénoué, aurait nécessité une intelligence des plus aigues… ce dont Valois n’était malheureusement pas pourvu. Dès son arrivée en Italie, il cumula les faux-pas, les mauvaises alliances et tenta, par tous les moyens, de tirer profit de tout. Son action sera même si lamentable qu’elle compromettra pour longtemps la « réputation capétienne ».
Il allait falloir, précise Favier, toute la sagesse du roi Robert d’Anjou, successeur en 1309 de Charles II le Boiteux, pour en restaurer l’image.
Charles ira malgré tout jusqu’à Naples puis jusqu’en Sicile, où il devait soutenir l’armée du futur roi Robert, avec qui la mésentente fut immédiate. L’affaire tournait véritablement à la catastrophe et à l’humiliation lorsque eut lieu la terrible défaite de Courtray (1302). Suite à ce désastre, Philippe le Bel rappela son frère d’urgence en France. Charles, qui s’était « mis toute l’Italie à dos », se garda bien de rechigner : certes, tenir un empire lui aurait plut mais il lui restait malgré tout le titre, l’honneur, le rêve.
La course à l’empire
Miniature extraite d'un manuscrit du XIVe siècle et conservé aux archives de Coblenz, montrant l'élection d'Henri VII de Luxembourg.
Miniature extraite d'un manuscrit du XIVe siècle et conservé aux archives de Coblenz, montrant l'élection d'Henri VII de Luxembourg.
La mort, en 1308, d’Albert de Habsbourg, allait ranimer, dans l’esprit de Charles de Valois, la course à l’empire. Cette fois-ci, il s’agissait du Saint Empire romain germanique et, cette fois-ci, Philippe le Bel dirigea la manœuvre.
C’est ainsi que Philippe le Bel, de concert avec le pape, présenta son frère à la succession du Saint Empire. Certes, Charles ne possédait absolument aucune terre d’Empire mais, parce qu’il était Capétien, son élection allait peut-être pouvoir mettre un terme au conflit entre Guelfes et Gibelins -c’est-à-dire entre partisans du pape et des Hohenstaufen. De tous temps, les rois de France avaient apporté leur caution aux Guelfes contre l’influence germanique -parti des Gibelins- dans la péninsule. L’union des deux intérêts en une seule personne pouvait donc entraîner la fin de ce conflit qui déchirait l’Italie depuis le XIIIe siècle. Certes, Charles était un sot ou, tout au moins, n’avait pas le moindre sens politique, mais son frère se voyait fort bien le guidant, l’entourant de ses conseillers. De plus, par son mariage, en raison de ses titres et de ses prétentions, Charles avait de bonnes raisons de s’engager dans une croisade en Terre sainte… et le pape voulait absolument un empereur croisé.
La manœuvre était un peu grosse cependant et les princes électeurs ne se voyaient pas le moins du monde vivre sous l’autorité -même indirecte- de Philippe le Bel ou sous l’autorité -directe- d’un politique aussi peu doué que Charles de Valois. Ils rejetèrent sa candidature à l’unanimité et, le 27 novembre 1308, désignèrent le comte de Luxembourg comme empereur.
Une fois de plus -mais cette fois-ci le rêve avait été fort bref-, Charles voyait une couronne s’éloigner de lui. Dans le même temps, il abandonna définitivement ses prétentions sur l’Orient. En effet, Charles ne prétendait à une couronne impériale que par mariage et lorsqu’il devint veuf pour la seconde fois c’est à sa fille, Catherine, que revint le titre d’impératrice. Lorsqu’elle épousa un fils de Charles II d’Anjou, Philippe de Tarente, c’est donc ce prince sicilien qui hérita des prétentions du Valois.
Tel fut le destin, étonnant, cocasse parfois, de celui qui ne fut jamais roi mais qui engendra une dynastie qui allait régner trois siècles durant sur la France.
Dernière mise à jour : ( 07-03-2007 )

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