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Une couronne pour la Bourgogne
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Ecrit par Mathilde Dumas   
14-09-2007
Philippe le Bon et Charles le Téméraire (dessin ancien).
Philippe le Bon et Charles le Téméraire (dessin ancien).
Lorsqu’on ne naît pas avec une couronne sur la tête, il ne reste plus qu’à gagner son royaume à la force de l’épée… ou la pointe du stylet. C’est ce que feront, six générations durant, les ducs de Bourgogne de la maison de Valois et leurs descendants.
Passés maîtres dans l’art de négocier un contrat, ils axeront leur politique expansionniste sur le jeu des mariages et des alliances. Une initiative heureusement commencée par l’union de Philippe le Hardi, fils de Jean II le Bon, devenu duc de Bourgogne par la grâce de la mort de Philippe de Rouvre. Mariée à Marguerite de Flandre, il agrandira ainsi son domaine de la Flandre toute entière. Au final, et après seulement quatre générations, les ducs de Bourgogne et de Flandre seront à la tête de ces deux duchés, auxquels s’ajoutaient l’Artois, la Frise, la Zélande, la Hollande, le duché de Gueldre, les comtés de Rethel et de Bourgogne. Bref, tout le nord-nord est de la France. Mieux lotis que leurs cousins rois de France, un pied dans le royaume et l’autre dans l’Empire germanique, il ne manquera guère aux ducs de Bourgogne qu’une couronne. Une couronne que Charles le Téméraire, le dernier d’entre eux, échouera à acquérir.
Une couronne qui se posera sur la tête de ses petits-enfants et de ses arrière-petits-enfants. En effet, à la mort de Charles le Téméraire (1477), le duché revient à son héritière unique, Marie. Objet de toutes les sollicitations, de toutes les convoitises, la jeune duchesse perdra le comté de Bourgogne avant de réagir. Son salut celui de son héritage passait immanquablement par une alliance matrimoniale. Et une alliance puissante pour résister aux velléités du roi de France, Louis XI. Elle portera donc son choix sur le fils de Frédéric III d’Autriche, Maximilien. Une union qui apportera la tranquillité à l’héritière de Bourgogne et qui scelle l’entrée des Habsbourg en Flandre. Mais la suite allait plonger le royaume de France dans trois siècles de lutte à ses frontières. Le fils de Marie et Maximilien, Philippe le Beau, en épousant Jeanne d’Espagne, dite la Folle, enserrait désormais la France dans un étau qu’accentuera encore la venue sur le trône de leur fils, Charles le Quint. L’arrière-petit-fils de Charles le Téméraire portera la double couronne d’Espagne et d’Autriche, il sera également le souverain le plus puissant de son temps et l’ennemi le plus acharné de la France.
Dernière mise à jour : ( 14-09-2007 )

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