Un samouraï en tenue traditionnelle (gravure du XIXe siècle). En 1185, Minamoto Yoritomo établissait sur le Japon une véritable dictature militaire, substituant son autorité à celle des empereurs, désormais fantoches. "Shogunat" -abréviation de sei-i-tai shongun, qui signifie "commandant en chef contre les barbares"- tel sera le nom de ce type de gouvernement. Un shogunat qui persistera sept siècles durant ; un shogunat qui doit tout à la classe des samouraïs. De fait, le temps du shogunat est sans conteste celui des samouraïs, cette caste guerrière qui, dès le XIIe siècle, s'organise, abandonne la culture aux serfs, devient héréditaire. Se mettant au service des daimyo -les seigneurs-, les samouraïs vont se révéler des guerriers intrépides, encartés dans un code de l'honneur rigide -le bushido-, entièrement tournés vers leur vocation guerrière et le service aux daimyo et, à travers eux, au shogunat. Leur fidélité avait fait leur force ; leur rigidité sera leur perte. Perdus dans un système ancien, les samouraïs vont apparaître, dès le XVIIIe siècle, comme une caste parasite, ayant perdu sa fonction guerrière. Une caste qui, malgré tout, monopolisait les postes gouvernementaux au point de sonner son propre glas. En effet, c'est sous l'impulsion des samouraïs que le Japon féodal allait s'ouvrir au monde, inaugurant l'occidentalisation et la modernisation du pays aux XVIIIe-XIXe siècles.
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