Depuis toujours, la même querelle opposait la papauté au Saint Empire romain germanique : elle concernait les impôts demandés par l’Église, les exactions financières que l’on constatait périodiquement et la tentative du pape d’étendre son pouvoir politique. Bref, Luther dans son Manifeste à la noblesse allemande et la Captivité de Babylone ne fait que reprendre un sujet longuement ruminé et se place donc tout naturellement sous la protection de celui qu’il appelle lui-même « ce noble jeune homme », Charles Quint.
Mais Luther semble oublier que Charles Quint est, non seulement un Autrichien, mais aussi, et surtout, un Espagnol ; qu’il est le Très catholique roi d’Espagne ! Le 19 avril 1521, après que Luther ait refusé de se soumettre à l’Église, Charles Quint fait son choix :
-Je descends d’une longue lignée d’empereurs chrétiens de cette noble nation allemande, des rois catholiques d’Espagne, des archiducs d’Autriche et des rois de Bourgogne, déclare-t-il. Ils furent tous fidèles jusqu’à la mort à l’Église de Rome et ils défendirent la foi catholique et l’honneur de Dieu. J’ai décidé de suivre leurs traces…