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L’iconoclasme ou la question des images
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Ecrit par Alix Ducret   
04-12-2008
La Vierge, mère de Dieu (détail d'une icône).
La Vierge, mère de Dieu (détail d'une icône).
Sur certaines images saintes, révèle le canon 82 du concile œcuménique In Trullo (691-692), est représenté un agneau désigné du doigt par saint Jean Prodome (Baptiste), qui nous a été transmis comme une figure de la Grâce et qui annonce, selon la Loi, le véritable agneau, le Christ notre Dieu. Ces anciennes figures et ombres transmises à l’Église, nous les vénérons comme des symboles et des préfigurations de la vérité mais nous leur préférons la Grâce et la Vérité elles-mêmes, que nous accueillons comme la réalisation de la Loi. C’est pourquoi, afin que l’on représente à la vue de tous, même en peinture, ce qui est achevé, nous ordonnons qu’à partir de maintenant soient représentés sur les images, au lieu du type ancien de l’agneau, les traits humains du Christ, « l’agneau qui ôte les péchés du monde ».
Véritable rupture avec la symbolique des premiers siècles et, comme le précise à plusieurs reprises le canon pré-cité, avec la tradition juive, le culte des images -ce ne sont pas encore des icônes- ne cessera de grandir durant tout le VIIe siècle. Parallèlement, leur pouvoir va également en augmentant au point que, précise Gilbert Dagron, spécialiste de la question, « l’image se substitue au saint absent » ; « elle multiplie à volonté sa présence et communique son pouvoir miraculeux à ce qui l’environne ou la touche, à la matière qui la constitue ». Et en effet, de simple moyen d’apostolat, l’image va rapidement atteindre le rang de reliques… Un débordement cultuel qui, par réaction, engendrera un mouvement inverse, de rejet : l’iconoclasme.
À l’origine de la querelle iconoclaste, il n’y avait qu’un débat, pas même théologique, sur les pratiques de dévotion entre le patriarche de Constantinople, Germain, et l’évêque de Nakoléia, Constantin. Ce dernier, se basant sur l’Ancien Testament -« Tu ne feras pas d’idole ni aucune image de ce qui est dans les cieux » voit-on dans le Deutéronome et « Vous ne ferez pas d’idoles et vous ne vous érigerez pas de statues ni de stèles » selon le Lévitique- refusait non seulement le culte des images mais également celui des saints, dans lequel il voyait une résurgence du polythéisme. Les reproches de Constantin n’étaient d’ailleurs pas nouveau et on trouve un écho de sa critique chez Eusèbe de Césarée, qui refusera d’envoyer à la sœur de Constantin une image du Christ, « Dieu n’ayant pas de visage », ou chez Épiphane de Chypre qui, selon ses propres écrits, n’hésita pas à déchirer un portrait du Christ exposé dans une église de Palestine.
Le patriarche de Constantinople devait défendre le culte des saints de manière succincte mais convaincante. Son argumentaire, quant à lui, joue sur les hérésies christologiques qui ont bouleversé l’Église aux siècles précédents : représenter le Christ en tant qu’homme et non plus comme un symbole, c’était réaffirmer haut et fort l’humanité du Christ, mise en doute par tant d’hérésies. Quant au culte des saints, il ne faut voir là qu’un moyen d’apostolat, un modèle donné aux chrétiens.
L’argumentation du patriarche ne suffira pourtant pas à ramener l’évêque de Nakoléia à ses vues. Et il n’était pas le seul, le rejet du culte des images ayant déjà d’ardents prosélytes en Asie Mineure, à Constantinople même et… dans l’entourage de l’empereur. Et il semble bien que, déjà en 726, Léon III ait fait siennes les théories iconoclastes. Tout cela n’était cependant que du domaine de la discussion… Il n’allait pas tarder à être affronté à la réalité
Selon la Chronique de Théophane, dès le début, Léon III « commença à parler de la destruction des saintes et vénérables images ». Il attendra quand même quatre ans, sans doute dans l’espoir de voir le patriarche céder devant l’argumentaire iconoclaste. Ce n’est donc qu’après avoir perdu tout espoir de le convaincre que l’empereur décida de convoquer une réunion publique et de prendre très officiellement position contre le culte des images. La démission consécutive de Germain allait laisser le champ libre au souverain qui, ayant placé une de ses créatures -Anastase- au patriarcat, va promulguer toute une série d’édits interdisant les images.
La réaction de Rome dans tout cela tiendra plus de l’agacement devant l’omnipotence impériale et l’indépendance du patriarcat. Et si l’évêque de Rome prend ferment parti, dès ce moment, en faveur du culte des images, c’est plus pour prendre le contre-pied du double pouvoir byzantin que par conviction profonde. C’est sans doute pourquoi aussi il n’y aura de véritable réflexion sur ce culte qu’à la seconde querelle iconoclaste.
Et si les iconophiles, ou reconnus comme tels, n’approfondissent pas vraiment la question, ce n’est pas le cas des iconoclastes, fortement encouragés par le successeur de Léon III, Constantin V. Consacrant les premières années de sa vie à combattre, avec succès, les musulmans, Constantin se lance, vers 750-752, dans un vaste mouvement d’apostolat de l’Empire. Fortement opposé au culte des images, il encourage cependant les discussions publiques et rédige lui-même des Interrogations qui formeront la base de la théologie iconoclaste.
Véritable roi-prêtre, comme il se définit lui-même, Constantin V ira très loin dans la réflexion sur l’image. En conclusion, il apparaît que, pour lui, la seule image véritable, et donc pouvant faire l’objet d’un culte, est celle de l’eucharistie. Toute représentation humaine reviendrait même à nier la double nature christique -l’humaine étant la seule apparente- et qu’une double représentation -pour justement rappeler l’existence de deux natures- induirait, à la longue, la présence d’une quatrième personne de la Trinité.
On le voit, la réflexion de Constantin est directement inspirée par la crise des hérésies christologiques des siècles précédents. Tout a été dit, selon Constantin, aussi gardons-nous de tout faux-pas, de toute représentation, celle-ci pouvant porter à confusion.
À la suite de ces écrits, Constantin V, véritable tête pensante de l’iconoclasme, réunit un concile « œcuménique » où ne seront présents ni l’évêque de Rome ni les patriarches orientaux. Le concile iconoclaste d’Hiéréia (754) condamne donc les principaux iconophiles -le patriarche Germain et le grand défenseur des images, saint Jean Damascène- et confirme la « doctrine » iconoclaste, largement inspirée, on s’en doute, par l’empereur lui-même.
Cette doctrine refuse les images du Christ, tout en reconnaissant que l’eucharistie n’est pas la seule représentation valable du Fils de Dieu. Quant aux images de la Vierge Téotokos ou des saints, si elles sont théologiquement valables, sont bien loin de retranscrire la sainteté de leur modèle :
La vraie image des saints, conclue Gilbert Dagron pour les iconoclastes, est à chercher dans la lecture de leur vie et de leurs exploits…
Enfin, le pouvoir d’intercession de la Vierge et des saints, celui des reliques sont réaffrimés.

Le Christ (détail d'une icône).
Le Christ (détail d'une icône).
Cela n’empêchera cependant pas les débordements, consécutifs à « la chasse aux images » entreprise par Constantin V au lendemain du concile d’Hiéréia.
En 787, rapporte Gilbert Dagron, devant le concile de Nicée II, le patriarche Tarasios parle de mosaïques arrachées, de peintures blanchies à la chaux, d’icônes, évangiles et objets consacrés détruits ; devant la même assemblée, le diacre Démétrios déclare avoir constaté à Sainte-Sophie la disparition de deux livres enluminés et en montre un troisième où les images ont été découpées…
Les reliques, en faveur desquelles le concile s’était pourtant prononcé, subiront, dès 760, un sort équivalent.
Parallèlement à ces actions contre les objets, l’empereur se lance également dans une sanglante persécution des iconophiles. Les moines, soupçonnés de corrompre le peuple et de lui inspirer une trop grande dévotion envers les images, seront particulièrement touchés au point que l’idéal et l’institution monastiques mêmes seront finalement l’objet de l’ire impériale.
Cette dérive, particulière à Constantin V, sera circonscrite dans le temps mais l’iconoclasme lui-même va perdurer sous le règne de ses successeurs… et, avec lui, la controverse.
Les partisans du culte des images se déploient et montent enfin au créneau. Mettant en avant l’aspect vétéro-testamentaire de l’iconoclasme, ils voient, dans l’Incarnation même, une justification de l’iconophilie. Ce seront, entre autres, les arguments de saint Jean Damascène, moine du monastère de Saint-Sabas et, nous l’avons dit, principal polémiste de l’iconoclasme -il est notamment l’auteur de trois Discours aux calomniateurs des images. Dans ces écrits, si la recherche théologique est minime, Jean Damnascène élabore « une argumentation opposable terme à terme à celle des iconoclastes », en une véritable compilation traditionnelle et doctrinaire.
Autrefois, conclue-t-il, Dieu n’avait jamais été représenté en image, étant incorporel et sans visage. Mais puisque Dieu a été vu dans la chair et qu’il a vêcu parmi les hommes, je représente ce qui est visible en Dieu. Je ne vénère pas la matière mais le créateur de la matière, qui s’est fait matière pour moi et qui a daigné habité dans la matière et opérer mon salut par la matière. je ne cesserai de vénérer la matière par laquelle m’est advenu le salut. Mais je ne la vénère pas comme Dieu…
C’est sur ce genre d’argumentaire que se basera plus tard le concile de Nicée II, réuni à l’initiative de l’impératrice Irène, qui condamne l’iconoclasme.
Dernière mise à jour : ( 04-12-2008 )

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